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Institut W
Porte 01 · Stratégies lucréatives · Lecture 6 min · +10 points

Ta stratégie marketing tient en trois cases (pas besoin de cape)

Brainstorm montre la première de trois cases lumineuses sous le regard du Professeur UX, en style BD des années 90

Une stratégie marketing, quand tu travailles seul, tient en trois décisions : une offre, un public, un chemin. Pas quarante pages, pas douze canaux, pas de cape. Le reste, c’est de l’exécution. Le problème, c’est que beaucoup d’entrepreneurs solos sautent une des trois cases sans s’en rendre compte… et c’est presque toujours la même.

Le problème, ce n’est pas toi, c’est le plan de quarante pages

Quand tu cherches comment bâtir un plan marketing, tu tombes sur des modèles pensés pour des entreprises qui ont un service marketing, un budget et des réunions le lundi matin. Toi, ton service marketing, c’est toi, entre deux clients, un mardi soir. (Et la réunion du lundi, tu la tiens dans ta douche.)

Résultat : tu te sens en retard sur un plan qui n’a jamais été conçu pour toi. Alors on repart de la base. Une stratégie, ce n’est pas un document. C’est une série de choix : ce que tu vends, à qui tu le vends, et par où les gens passent pour arriver jusqu’à toi.

Le Professeur UX projette trois cases lumineuses en hologramme pendant qu’une tour de papier s’écroule derrière lui.
À l’Institut W, le Professeur UX remplaça la tour de papier par trois cases lumineuses.

Trois cases, comme dans une bande dessinée très courte. S’il en manque une, l’histoire ne se tient plus. Et un héros sans histoire, ça reste quelqu’un en collants.

Case 1 : une offre vedette

Tu peux offrir dix services. Tu ne peux en mettre qu’un seul en vedette à la fois. L’offre vedette, c’est celle que tu veux vendre plus souvent, celle qui s’explique le plus vite et qui donne un résultat que le client peut voir.

Green Landing, le héros de la vente, braque un projecteur sur une seule boîte au centre d’une scène de théâtre.
Green Landing braqua le projecteur sur une seule offre. Les autres attendaient en coulisse.

Pour la trouver, complète cette phrase : « J’aide [qui] à [obtenir quoi] grâce à [comment]. » Si ça te prend trois virgules et un « entre autres », elle n’est pas prête.

Un exemple : « J’aide les restaurants de quartier à remplir leurs soirs de semaine grâce à une infolettre qui part chaque mardi. » On comprend tout de suite. Le restaurateur sait qu’on parle de lui, et le fleuriste sait que ce n’est pas pour lui (ce qui est aussi une bonne nouvelle, tu viens de lui sauver du temps).

Tes autres services ne disparaissent pas. Ils attendent en coulisse. Un client qui entre par l’offre vedette finit par découvrir le reste, parce qu’il te fait déjà confiance.

Un détail avant de passer à la suite : ton offre vedette doit être payante pour toi aussi. Si tu n’es pas certain de ce qu’il te reste une fois tes coûts payés, passe ton prix dans le calcul de marge et de prix de vente. Mettre en vedette une offre qui te coûte de l’argent, c’est un super-pouvoir qui se retourne contre toi.

Case 2 : un public que tu peux nommer

La voilà, la case qu’on saute. « Tout le monde », ce n’est pas un public. C’est une foule, et on ne parle pas à une foule de la même façon qu’à une personne.

Capitaine Marque baisse son porte-voix et s’adresse à une seule personne, en couleur au milieu d’une foule grise.
Capitaine Marque baissa son porte-voix : elle ne parlait plus à la foule, mais à une personne.

Si tu la sautes, ce n’est pas par paresse. C’est par peur de fermer la porte à quelqu’un. Sauf que choisir un public ne t’interdit pas de servir les autres. Ça décide seulement à qui tu parles en premier. Quand ton message est écrit pour une personne précise, les voisins de cette personne se reconnaissent aussi. Quand il est écrit pour tout le monde, personne ne lève la tête.

Le test est simple : es-tu capable de nommer trois vraies personnes, avec leur prénom, que tu as déjà servies ou que tu pourrais appeler demain? Si oui, tu sais où elles se tiennent, ce qu’elles lisent et quels mots elles emploient pour parler de leur problème. Si non, tu travailles avec un portrait-robot (« femme, 35 à 45 ans, aime le yoga »), et on vend rarement à un portrait-robot.

Ensuite, écris la question que ces trois personnes se posent juste avant d’avoir besoin de toi. Pas ta réponse, leur question, dans leurs mots. Cette question devient la porte d’entrée de tout ton contenu.

Case 3 : un chemin, pas un labyrinthe

Le chemin, c’est le trajet entre « je ne te connais pas » et « je te paie ». Pour un solo, il tient en trois arrêts.

Optimise Prime, le robot de l’automatisation, pose trois dalles lumineuses en ligne droite à travers un labyrinthe de pierre.
Optimise Prime n’aimait pas les labyrinthes. Il posa trois dalles, bien droites, et ce fut tout.
  1. Un endroit où on te découvre. Un seul pour commencer : ton blogue et Google, un réseau social, les références de tes clients, un balado. Choisis celui où tes trois personnes se trouvent déjà, pas celui qui fait jaser cette semaine.
  2. Un endroit où on reste en contact. Une liste d’emails fait très bien le travail. Elle t’appartient, alors qu’un compte sur un réseau social dépend de règles que tu ne contrôles pas.
  3. Une invitation claire. Une page, une offre, un bouton. La personne sait ce qu’elle obtient, combien ça coûte et ce qui se passe après.

Ça donne par exemple : un article qui répond à la fameuse question, une invitation à recevoir ton infolettre, puis un email qui propose un appel de vingt minutes. Trois arrêts. On peut le dessiner sur une napkin.

Si ton chemin compte huit arrêts, quatre plateformes et un quiz de personnalité, ce n’est plus un chemin. (Le web, c’est grand. On peut s’y perdre longtemps.)

Ton point faible de super-héros, c’est l’éparpillement

Chaque super-héros a son point faible. Celui de l’entrepreneur solo, c’est la nouvelle plateforme brillante qui vient de sortir et sur laquelle « il faut absolument être ».

Brainstorm, le héros des idées, est encerclé par des dizaines d’objets brillants qui flottent autour de lui sur un toit, la nuit.
Soudain, mille objets brillants encerclèrent Brainstorm. Son point faible venait de le trouver.

Une stratégie sert surtout à dire non. Fais-toi une liste « pas maintenant » et mets-y tout ce qui ne fait pas partie de tes trois cases : le deuxième réseau social, la chaîne vidéo, le troisième service que tu aimerais lancer. Ce n’est pas un refus définitif. C’est un rendez-vous plus tard.

Donne-toi un trimestre complet sur le même chemin avant de le juger. Il n’y a rien de magique dans ce chiffre. C’est juste assez long pour publier régulièrement, avoir de vraies conversations et voir une tendance, et assez court pour ne pas t’entêter un an sur une mauvaise piste.

Une stratégie marketing se mesure avec un chiffre à la fois

Pas besoin d’un tableau de bord de vaisseau spatial. Choisis un seul chiffre, selon l’endroit où ton chemin bloque.

Scarlettre de vente pointe sa plume géante vers un seul cadran allumé au milieu d’un mur de cadrans éteints.
Devant un mur de cadrans, Scarlettre de vente n’en pointa qu’un seul. Celui qui comptait.

Personne ne te découvre? Suis tes visites. Les gens passent mais ne restent pas? Suis les inscriptions à ta liste. Ta liste grossit mais rien ne se vend? Suis les demandes que tu reçois. Un chiffre, une question, une correction à la fois.

Pour savoir d’où viennent tes visiteurs, ajoute une petite étiquette à chaque lien que tu partages avec le générateur de lien UTM. Tu verras noir sur blanc quel canal travaille pour toi et lequel te fait juste sentir occupé. Et le jour où tu mets de l’argent dans une publicité, le calculateur de ROI te dit si elle t’a rapporté plus qu’elle t’a coûté.

Une fois par mois, bloque vingt minutes et réponds à trois questions : qu’est-ce qui a amené du monde, qu’est-ce que j’arrête, qu’est-ce que je refais. C’est ta réunion stratégique. Tu peux la tenir ailleurs que dans la douche.

Maintenant, prends une feuille et dessine trois cases : offre, public, chemin. Donne-toi dix minutes pour les remplir. Celle qui reste vide ou floue, c’est ton travail de la semaine, et rien d’autre. Pour la suite de l’entraînement, pousse la porte des Stratégies lucréatives : c’est là que loge l’Institut W, et le Professeur UX ne donne pas de devoirs inutiles. Tu veux garder le fil? Entre au club Wep! et ramasse tes 50 points de bienvenue.

À suivre…
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